La Donation de Constantin
L'établissement des États pontificaux a fourni à l'Église catholique romaine une base territoriale et juridique de première importance.
Dès lors, elle lui permet de se lancer dans la promotion d'une politique toujours plus audacieuse visant à l'acquisition accélérée de terres supplémentaires, d'or supplémentaire, et du statut, du prestige et du pouvoir supplémentaires qui vont avec.
En fait, l'empereur Charlemagne n'avait pas tourné le dos à Rome après avoir reconnu la Donation de Pépin, mais le pape Adrien Ier, en 774, lui a remis une copie de la Donation de Constantin. Celle-ci était réputée être l'octroi par Constantin d'immenses possessions et de vastes territoires à l'Église. Il s'agissait d'un autre faux papal.
Alors que la lettre de Pierre avait été falsifiée par le pape Étienne, la Donation de Constantin l'avait été par le pape Adrien I
La Donation de Constantin a eu une influence considérable sur l'acquisition de territoires et les revendications de la papauté. Un coup d'œil rapide sur ses origines, son contenu et sa signification permettra d'en comprendre l'importance.
Ce document, censé avoir été écrit par l'empereur Constantin lui-même, est sorti de nulle part. D'un seul coup de baguette magique, le document place les papes au-dessus des rois, des empereurs et des nations, et fait d'eux les héritiers légaux du territoire de l'Empire romain.
Le document était une somme de faux précédents, mais à la différence des fabrications antérieures, il était défini, précis et parlait en termes non équivoques de la suprématie spirituelle et politique que les papes avaient reçue comme un droit inaliénable.
Compte tenu des profondes répercussions de ce fameux faux, le plus spectaculaire des annales de la chrétienté, il peut être utile d'en rappeler les principales clauses :
Constantin désire promouvoir la Chaire de Pierre sur l'Empire et son siège sur terre en lui conférant un pouvoir et un honneur impériaux.
- La Chaire de Pierre aura l'autorité suprême sur toutes les églises du monde.
2. Elle sera juge pour tout ce qui concerne le service de Dieu et la foi chrétienne.
3. Au lieu du diadème que l'empereur voulait placer sur la tête du pape, mais que celui-ci a refusé, Constantin lui avait donné, ainsi qu'à ses successeurs, le phrygium - c'est-à-dire la tirara et le lorum qui ornaient le cou de l'empereur, ainsi que les autres magnifiques robes et insignes de la dignité impériale.
4. Le clergé romain jouira des hauts privilèges du Sénat impérial, étant éligible à la dignité de patricien et ayant le droit de porter les décorations portées par les nobles sous l'Empire.
5. Les fonctions de cubicularii, ostiarii et excubitae appartiennent à l'Église romaine.
6. Le clergé romain montera sur des chevaux parés de couvertures blanches et portera, comme le Sénat, des sandales blanches.
7. Si un membre du Sénat veut prendre des ordres, et que le pape y consente, personne ne pourra l'en empêcher.
8. Constantin cède au pape Silvestre et à ses successeurs le reste de la souveraineté sur Rome, les provinces, les villes et les villages de toute l'Italie ou des régions occidentales.
9. Avec la première clause, le pape devient juridiquement le successeur de Constantin, c'est-à-dire l'héritier de l'Empire romain.
10. La deuxième clause fait de lui le chef absolu de toute la chrétienté, orientale et occidentale, et même de toutes les églises du monde.
11. Avec le troisième, il est devenu le seul juge en ce qui concerne les croyances chrétiennes. Ainsi, toute personne ou toute église en désaccord avec lui devenait hérétique, avec toutes les conséquences spirituelles et temporelles désastreuses que cela implique.
12. Avec la quatrième, le pape s'est entouré de la splendeur et des insignes de la fonction impériale, comme représentation extérieure de son statut impérial.
13. La cinquième clause mettait l'ensemble du clergé romain au même niveau que les sénateurs, les patriciens et les nobles de l'Empire. En vertu de cette clause, le clergé romain avait droit au plus haut titre d'honneur que les empereurs accordaient à certains membres éminents de l'aristocratie civile et militaire, les grades de patricien et de consul étant à l'époque les plus élevés auxquels l'ambition humaine pouvait prétendre.
14. Les sixième et septième clauses, apparemment sans intérêt, étaient très importantes. En effet, les papes, en prétendant être accompagnés de gentilshommes de la chambre, de portiers et de gardes du corps (cubiculari, ostiarli, etc.), soulignaient leur parité avec les empereurs, car seuls ces derniers avaient précieusement ce droit.
15. La huitième clause mettait simplement le Sénat à la merci du pape.
En vertu de la donation de Constantin, l'Empire romain est donc devenu un fief de la papauté, tandis que les empereurs sont devenus des vassaux et les papes des suzerains.
JG Research
UN:
https://www.bibliotecapleyades.net/sociopolitica/esp_sociopol_un04.htm
